Comment écrire de bonnes flashcards

Une bonne flashcard pose une question avec une seule réponse que l’on peut donner de mémoire. Les règles de Wozniak et un exemple, du paragraphe de cours aux cartes.

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Une bonne flashcard pose une question qui a une seule réponse, et vous pouvez donner cette réponse de mémoire en quelques secondes. La plupart des paquets de flashcards que l’on abandonne échouent sur cette phrase : la question est vague, la réponse est un paragraphe, ou la carte contient cinq faits à la fois.

La méthode en quelques lignes

  • Une idée par carte.
  • Une question avec une seule bonne réponse, pas un thème.
  • Un texte à trous (cloze) pour les listes et les définitions.
  • Une image quand le savoir est visuel.
  • Vos propres mots, avec un indice qui distingue les cartes voisines.
  • Testez chaque carte en y répondant à froid. Si vous hésitez sur ce qu’on vous demande, réécrivez-la.

Pourquoi ça marche

Réviser une carte, c’est passer un test de rappel, et ce sont les tests de rappel qui rendent les souvenirs durables (voir la répétition espacée). Une carte n’est un bon test que si elle demande une seule chose.

Piotr Wozniak, qui a créé le logiciel SuperMemo, a rassemblé ses conseils en 1999 dans ses vingt règles de formulation du savoir. Celles qui comptent le plus pour les débutants sont :

  • N’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas. Un fait que vous ne savez pas situer est difficile à retenir.
  • Respectez le principe d’information minimale. Rendez chaque élément aussi petit que possible.
  • Le texte à trous (cloze deletion) masque une partie d’une phrase. C’est une façon rapide de fabriquer une carte à partir d’un texte.
  • Utilisez l’imagerie. Une image peut porter ce que les mots ne portent pas.
  • Évitez les ensembles et les énumérations. Une carte qui demande une liste de huit éléments reçoit une réponse partielle, et une réponse partielle reçoit une seule note pour huit faits.
  • Combattez l’interférence. Des cartes qui se ressemblent se mélangent. Ajoutez ce qui les distingue.
  • Optimisez la formulation. Plus court et plus précis vaut mieux.
  • Personnalisez et donnez des exemples. Un fait relié à quelque chose que vous connaissez se fixe.
  • Hiérarchisez. Il n’est pas nécessaire d’avoir une carte pour tout.

La raison pratique du principe d’information minimale tient au calendrier. Une carte reçoit une seule note. Si elle contient trois faits et que vous en connaissez deux, la note que vous donnez est fausse pour l’un d’eux.

Comment transformer un texte en cartes

Prenons une phrase comme celle-ci, tirée d’un cours d’histoire :

Le traité de Versailles a été signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, cinq ans jour pour jour après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand.

  1. Lisez-la jusqu’à la comprendre. De quoi parlait le traité, et pourquoi la date compte-t-elle ? N’écrivez la carte qu’après.
  2. Repérez les faits distincts. Ici : la date, le lieu, et le lien avec l’assassinat.
  3. Écrivez une question par fait. La date : « Quand le traité de Versailles a-t-il été signé ? » Réponse : « Le 28 juin 1919 ». Le lieu : « Où a-t-il été signé ? » Réponse : « Dans la galerie des Glaces du château de Versailles. »
  4. Ajoutez le lien comme carte à part. « Quel événement s’est produit exactement cinq ans avant la signature ? » Réponse : « L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand (28 juin 1914). » Relier deux choses que vous connaissez rend les deux plus faciles à retrouver.
  5. Utilisez un texte à trous pour une phrase que vous voulez garder entière. Dans l’éditeur de carte, tapez la phrase, sélectionnez les mots qui comptent et appuyez sur […]. Chaque pression prend le numéro suivant, et le texte donne ceci :

    Le traité a été signé le {{c1::28 juin 1919}} dans la {{c2::galerie des Glaces}}. Chaque numéro fait une carte : vous êtes donc testé sur un trou à la fois.

  6. Ajoutez un indice là où des cartes pourraient être confondues. Si votre paquet contient aussi le traité de Trianon, commencez la question par « Après la Première Guerre mondiale : » pour que les deux cartes ne puissent pas se mélanger.

Comparez avec la carte que beaucoup de gens écrivent d’abord : le recto dit « Traité de Versailles » et le verso recopie le paragraphe du manuel. Vous le lisez, vous avez l’impression de le savoir, et vous appuyez sur une note. Le rappel qui rend la mémoire durable n’a jamais lieu.

Les listes

Une liste sur une seule carte est le piège habituel. Transformez-la en texte à trous avec un numéro par élément :

Les planètes les plus proches du Soleil, dans l’ordre : {{c1::Mercure}}, {{c2::Vénus}}, {{c3::la Terre}}, {{c4::Mars}}.

Cela fait quatre cartes. Chacune masque une planète et montre les autres comme contexte, ce qui vous permet de voir celle que vous connaissez et celle que vous ratez sans cesse.

Les images

L’anatomie, les cartes, les schémas de circuits et les graphiques s’apprennent mieux à partir de l’image elle-même. Masquez les légendes et demandez-les une par une : c’est ce qu’on appelle l’occlusion d’image. Pour des réponses courtes qui doivent être exactes, comme une orthographe, une formule ou une commande, faites en sorte que la carte vous demande de taper la réponse.

Les erreurs à éviter

  • Copier le manuel. Si vous ne l’avez pas réécrit, vous ne l’avez probablement pas traité.
  • Les questions oui ou non. « Le traité de Versailles a-t-il été signé en 1919 ? » peut se deviner. Demandez la date.
  • Les questions vagues. « Que savez-vous de Versailles ? » n’a pas de fin. Si vous ne pouvez pas dire quand une réponse est complète, la carte est trop ouverte.
  • Les réponses longues. Si le verso demande plus d’une ligne ou deux, découpez la carte.
  • Faire des cartes avant de comprendre. Vous finissez par mémoriser des mots que vous ne savez pas utiliser.
  • Garder les cartes que vous oubliez sans cesse. Une carte qui échoue encore et encore est en général mal écrite, pas difficile. Réécrivez-la, découpez-la ou ajoutez un indice.
  • Des cartes pour tout. Gardez les cartes pour ce que vous devez rappeler sans aide. Le reste a sa place dans les notes.

Dans Prior

Prior propose cinq types de cartes : Simple, Inversée (deux cartes, du recto au verso et du verso au recto), Texte à trous, Réponse à saisir et Occlusion d’image. Types de cartes présente chacun d’eux.

  • Le bouton […] masque les mots sélectionnés comme un texte à trous. Si vous tapez à la main la forme {{c1::…}}, la carte devient d’elle-même une carte à trous.
  • Les champs sont en Markdown. Vous pouvez surligner, colorer du texte, dessiner une petite figure avec un bloc de code svg ou mermaid, et ajouter des images.
  • Stats liste vos Cartes tenaces, celles que vous oubliez sans cesse. Ce sont les premières à réécrire. Le navigateur de cartes permet de chercher et de modifier vos cartes.
  • Créer depuis un cours lit un PDF, un texte collé ou l’une de vos notes et propose des cartes. Vous gardez, modifiez ou écartez chacune avant que quoi que ce soit ne soit ajouté. Voir Écrire des cartes avec l’IA. Prior AI a pour consigne d’écrire une idée par carte, d’éviter les questions oui ou non et d’utiliser des trous pour les listes.
  • Avec Claude Code, vous pouvez faire écrire un paquet à votre propre Claude grâce au prompt make_flashcards, qui suit une version plus longue de ces règles.

Lisez les cartes proposées par l’assistant comme n’importe quelle carte : si vous ne pouviez pas y répondre à froid, changez-la. Paquets et sous-paquets montre comment garder un paquet par cours avec un sous-paquet par chapitre.

Prior

Moins de bruit. Plus de fait.